Dois-je avoir honte de ma chaudière ?

2018-08-29

Les utilisateurs du mazout sont dans le collimateur des autorités tant régionales que fédérales. La cause indirecte en est l’accord de Paris sur le climat en 2015. Quelque 195 pays, dont la Belgique, y ont marqué leur accord pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et de substances nocives. Notre pays souhaite interdire la vente de chaudières à mazout à compter de 2035, encore que l’interdiction de leur utilisation (réparations/remplacements) soit impossible puisque nous en sommes trop dépendants.

On ne peut reprocher à nos dirigeants de se concentrer d’abord sur les solutions les plus faciles. À la rue de la Loi, on a dû se dire : « Supprimons à terme le mazout du marché comme source de chauffage et nous aurons en partie atteint notre objectif. » De fait, le mazout est un carburant fossile et ce sont précisément ces carburants fossiles qui ont une incidence sur l’environnement. Mais il faut alors cibler en priorité les consommateurs de gaz naturel : ils sont plus nombreux et leur influence sur l’environnement est par conséquent plus grande encore. En tant que consommateur de mazout, devez-vous avoir honte d’utiliser ce moyen  de chauffage ? Pour le moment, pas du tout !

Nous nous trouvons dans une phase transitoire, comme il y a quelques dizaines d’années. Il vous suffit de remonter deux générations en arrière pour avoir peut-être encore en mémoire ces images d’énormes réserves de charbon transporté par seaux afin d’entretenir le poêle dans le salon. La transition du charbon au mazout (et au propane) était révolutionnaire, tandis que le passage au gaz naturel n’était alors qu’un « fait divers ». Pendant des années, le mazout a fait figure de source de chauffage de l’avenir, faute d’autres solutions dignes de ce nom. Aujourd’hui encore, il nous est impossible d’imaginer un monde sans mazout. D’après les estimations, une famille sur dix ne peut être raccordée au réseau de gaz naturel, la proportion étant la plus élevée en Wallonie. Ces familles sont contraintes de s’en remettre à une autre solution, comme l’électricité, les pellets, le charbon et... le mazout.

De nombreuses familles qui se chauffent au mazout ne souhaitent pas s’en débarrasser immédiatement. La dernière génération de chaudières et brûleurs est en effet très économe en énergie et permet de tirer le maximum de chaque goutte de mazout. Par ailleurs, vous ne laissez pas la facture entre les mains des gestionnaires de réseau et autres instances. Ils empochent actuellement plus de la moitié de la facture de gaz naturel, alors que le consommateur de mazout décide lui-même de la date à laquelle il commande le mazout (soit la plupart du temps quand les prix sont au plus bas). Enfin et surtout, on entend souvent que les consommateurs de mazout préfèrent ce carburant pour des raisons de sécurité : le mazout n’explose pas et ne brûle pas en dessous de 55°C.

Non, vous ne devez absolument pas avoir honte d’être consommateur de mazout. Pour l’heure, quelles sont les solutions durables envisageables ? Le gaz naturel est également un carburant fossile et sera sans doute la prochaine énergie de chauffage à être dans le collimateur de notre/nos gouvernement(s). Faut-il alors passer à des convecteurs électriques ? Cette technologie n’est pas adaptée à 2018 et, vu les prix actuels de l’électricité, elle est inabordable ! Il reste encore les pellets, même si on ne nous enlèvera pas de l’idée que leur heure de gloire est passée et qu’ils sont surtout utilisés pour le chauffage d’ambiance. À vrai dire, les pellets sont le charbon moderne : il vous faut nettoyer le poêle tous les deux jours, vider les cendres chaque semaine et disposer en plus d’un endroit de stockage. De plus, l’entreposage doit se faire au sec, car des pellets exposés à l’humidité gonflent et doivent être jetés. La pompe à chaleur est la dernière solution à aborder, une technologie (onéreuse) à ne pas perdre de vue, mais qui fonctionne également à l’électricité. Alors que des pannes d’électricité menacent en hiver, que des doutes se font jour quant à la sortie du nucléaire, etc., nous nous interrogeons sur la manière dont nous pourrons à l’avenir continuer de faire tourner ces pompes. Les panneaux photovoltaïques sont une option, mais tout le monde n’a pas la possibilité de les faire poser ou les moyens financiers nécessaires pour cela. Une grande partie de notre énergie est actuellement produite par des centrales à gaz… Ainsi, nous devons renoncer aux carburants fossiles pour passer à des pompes à chaleur, elles-mêmes aujourd’hui alimentées en électricité par des centrales à gaz ? Ce n’est pas comme cela que l’on va s’en sortir !

La solution idéale et la plus durable est dès lors peut-être une combinaison. Grâce à votre chaudière à haut rendement, vous pouvez être certains que vous aurez toujours la chaleur dont vous avez besoin, où vous le voulez et quand vous le voulez. À l’heure actuelle, celle-ci s’associe parfaitement avec la chaleur solaire et éventuellement avec une pompe à chaleur. Votre chaudière à mazout ne devra donc plus faire tout le travail, sans que vous soyez pour autant dépendants à 100 % de sources d’énergie incertaines. En plus, vous apportez ainsi votre pierre à l’édifice dans la protection de l’environnement : la teneur en soufre du mazout a d’ores et déjà été réduite, les nouvelles chaudières à mazout sont plus compactes et plus économes en énergie que celles d’avant et vous pouvez les associer à des solutions alternatives, comme un chauffe-eau solaire ou une pompe à chaleur.